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biographie

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Je suis née le 15 décembre 1981 à Dijon. Je lis, dessine et écrits BEAUCOUP. Mon diplôme le plus élevé est une licence en informatique. J'ai quo-créé les associations ADMA et Manga-Team à Dijon.

Après une trentaine d'expériences professionnelles et 17 déménagements, je suis restée 2 années au chômage afin de préparer la création de mon emploi en parallèle à la réalisation de mon premier livre. Mon emploi me permettrait de reprendre mes travaux dans l'écriture, l'illustration et la bande dessinée. Par ailleurs, mon parcours chaotique des 20 dernières années m'a donné l'idée d'utiliser mes créations pour aller plus loin : dénoncer, encourager, inspirer, partager, démêler, aider… et aimer.

J'ai créé mon activité en tant qu'autoentrepreneur le 9 janvier 2021 dans les domaines de l'édition, l'écriture et l'illustration.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous attend ci-dessous une biographie plus longue et peu conventionnelle. Elle retrace dans les grandes lignes le chemin qui m'a amené là où je suis actuellement.

 

portrait


I - LA NAISSANCE D'UNE VOCATION


À 10 ans, j'ai commencé à dessiner et à 11 ans, je savais que c'était ce que je voulais faire plus tard ; à 12 ans, je me suis mise à écrire et ma conviction de vouloir en faire mon métier a grandi gif

Scolairement parlant, j'étais un cancre de bonne volonté. J'ai redoublé deux classes et en ai sautée une en arrière (si si, c'est possible !). Du CP au BAC, malgré tous mes efforts, j'ai toujours été avant-dernière de la classe, car le dernier faisait exprès, je précise gif À partir du collège, je n'ai pas arrêté de me chercher. Au lycée, rien n'avait changé : une seconde en économie, suivie d'une première en scientifique et d'une terminale en littéraire ; rien ne semblait me convenir et je perdais patience de pouvoir enfin sortir de là pour entrer dans la vie active ! Mes projets de dessin, d'écriture et bientôt de manga avaient pris durant ces années de plus en plus de place dans ma vie et je savais que je voulais passer ma vie à les continuer. À 19 ans, trois mois avant le BAC, voyant bien que je n'allais nulle part, j'ai prié ma mère de me laisser quitter le lycée afin de prendre le temps de rechercher un avenir concrètement, car les organismes d'orientation et les lieux de recherche n'ouvraient pas en dehors des horaires scolaires et je n'avais pas eu/pris le temps de faire assez de recherches pour trouver mon bonheur. Enfin, cette année-là, je passais tout mon temps libre jusque tard dans la nuit pour continuer mes projets artistiques et les jours de lycée, c'était compliqué. Je dormais sur les cours de philo entre autres... gif pardon professeur !

Ces trois mois furent donc pour moi très intenses en tout.

Pour la première fois, j'avais le temps de penser sérieusement à mon avenir : ce qui me conviendrait le mieux, ce que je voulais le plus, ce qui m'était possible de prétendre comme étude, ce que mes moyens financiers me permettaient de tenter, mes aspirations les plus profondes sur cette Terre, mes goûts, mes capacités, mes qualités et mes défauts, ce pour quoi je serai prête à mourir, ce que je serai capable de supporter à vie, etc. Tout un programme qui a débouché sur deux choses : je voulais faire de ma vie des mangas, des romans et des illustrations, entre autres pour dénoncer les incohérences de cette société. La deuxième chose : un métier comme ça n'existait pas en France. Il n'y avait pas d'école de mangaka (auteur de manga) françaises ou financièrement accessibles à l'étranger et les écoles de bande-dessinées ou d'animation françaises abhorraient le manga, donc je voulais trouver la formation qui me serait la plus utile pour augmenter la qualité de mes projets.

Pour la première fois également, j'ai pu travailler par moi-même, sans me faire assister par l'école. Ma mère avait émit la condition que je passe le BAC en candidate libre si je quittais le lycée. J'avoue qu'entre ma recherche d'orientation qui me tenait parfois jusque tard et mes projets artistiques que je poursuivais en parallèle et qui me prenaient autant de temps, il y avait peu de temps pour l'étude. Même si j'avais promis de passer le BAC en candidate libre, le réussir était bien le cadet de mes soucis ! (Pardon Maman gif ) Le plus important, pour moi, était de construire mon avenir, pas de bachoter pour gagner un bout de papier. Donc je m'étais mise à l'étude pour le BAC seulement trois jours avant gif

J'ai été très surprise de voir comment je suis passée d'une assistée scolaire à un électron libre. À l'école, je devais changer de matière toutes les heures avec des cours qui ne prenaient véritablement que 45 minutes. À l'effet de cinq à huit cours différents par jour, le soir venu, tout était correctement mélangé dans ma tête gif Je ne parle même pas de la surcharge mentale qui consiste à se faire gâver d'informations du matin au soir. En plus, je n'avais pratiquement jamais travaillé avec les livres scolaires car les enseignants ne les utilisaient pas ; ils restaient fermés du début à la fin de l'année scolaire. Il ne m'était jamais venue à l'esprit que je puisse les utiliser ! Je préférais écouter passivement les cours nébuleux de mes enseignants, car on m'avait bien appris qu'il fallait les écouter et être passive a été ma première leçon en entrant au CP. Nébuleuse, donc, était ma compréhension gif

Bien loin de tout cet aspect scolaire, devenue autonome, je ne planchais que sur un sujet par jour et mes seuls supports étaient les livres scolaires puisque je n'allais plus en cours. Je pouvais enfin avancer à mon rythme, les livres m'apportant la limpidité et le niveau d'exhaustivité dont j'avais toujours manqué. Ma concentration a été un facteur déterminant, car à présent que je n'étais plus contrainte aux changements intempestifs de sujets d'étude toutes les heures, je pouvais rester 10h, 14h sur mon étude dans une intense concentration gif J'avançais ainsi à une vitesse qui me surprenait moi-même ! À ce stade, l'étude approfondie de la philosophie, même trois jours seulement, m'a fait encore mieux comprendre (et plus rapidement) les notions philosophiques que les 7 mois de cours à l'école. Pour la première fois de ma vie, je me sentais capable gif

... et ai raté le BAC gif

Bon, clairement, trois jours, même en bossant à fond, ce n'est pas suffisant, hein ! Je n'ai bossé que la philo pendant les trois derniers jours et c'est une des trois matières où j'ai eu la moyenne. Si j'avais eu quatre ou cinq jours d'étude par matière, je pense que j'aurais eu le BAC haut la main. À présent que j'ai le recule suffisant, je me rends compte que l'école n'a fait chez moi que tout embrouiller, tout compliquer, tout inverser. C'est un assistanat public dont je me serai bien passée ! L'école m'avait appris à être passive, soumise, désordonnée, chaotique, à ne pas penser par moi-même, bref, à être une assistée... mais ceci est un autre sujet !


II - PREMIERS PAS


Après l'examen du BAC, je suis allée faire les vendanges pour ramasser un peu d'argent, puis je suis partie à Paris faire des études d'infographie. J'ai très vite trouvé un travail alimentaire à temps plein pour payer mon loyer et l'école (privée, puisque je n'avais pas le BAC). Après quelques semaines de cours, étant donné le niveau que nous avions, on nous a fait passer, quelques camarades et moi, en deuxième année. Trois ou quatre mois après, j'ai rencontré un jeune éditeur de mangas qui a accepté d'éditer mon premier projet de manga ! Mon rêve se concrétisait ! gif

Mais entre les cours d'infographie et le boulot alimentaire, plus de temps. Il restait encore trois mois pour terminer cette année d'étude d'infographie et encore un an de plus pour terminer le cursus (initialement en trois ans). Comme je n'avais d'yeux que pour mon rêve d'édition, au lieu d'attendre stratégiquement la fin du cursus pour réaliser ce projet (arrêter mon travail à plein temps n'étant pas envisageable), j'ai fait le bête choix d'arrêter l'école d'infographie pour me consacrer à la réalisation du manga gif

Quelques mois après, le jeune éditeur a déposé le bilan gif gif 

Je suis retournée à Dijon pour me morfondre ressourcer. Comme j'avais travaillé toute l'année à temps plein et donc cotisé, j'eus droit au chômage. J'ai saisi cette opportunité pour continuer à étudier l'infographie par moi-même afin de finir d'acquérir les connaissances et les savoir-faire de ce métier, car je comptais me lancer ensuite en tant qu'infographiste indépendante. Je continuais bien sûr en parallèle à travailler sur mes projets d'arrache-pied. Autant vous dire que je ne sortais presque pas de ma grotte. Je ne faisais que travailler, du lever au coucher gif

Comme j'étais au chômage et malgré mes efforts pour construire mon projet professionnel, la société ne s'est pas faite prier pour me critiquer vertement : cafard, parasite social, c'est à cause de toi que je paie des impôts, moi je n'ai jamais connu la honte du chômage, les gens comme toi… au début, j'affrontais stoïquement et une fois revenue chez moi, je me remettais à travailler. Neuf mois de ce traitement et je ne désirais plus qu'une chose : reprendre un travail pour fuir la honte d'être un parasite.

Je compare le chemin que j'ai arpenté les 17 années qui ont suivie à la traversée du Styx... à contre-courant.


III - LE STYX


Les premiers emplois, je les ai choisis pour me permettre d'avoir du temps pour mes projets : l'argent, je m'en fichais. J'ai fait des petits boulots à mi-temps, des missions temporaires, des emplois saisonniers, des CDD, mais rien n'y faisait. Le travail, même sur une période deux fois moins longue, sapait toute mon énergie car on m'en demandait souvent deux fois plus ou deux fois plus vite. Je n'arrivais plus ni à dessiner, ni à écrire gif

À force d'expériences dans la recherche d'emploi, je suis devenue hyper-employable : je pouvais me faire facilement embaucher, je savais dire ce qu'il fallait aux entretiens, je savais faire un CV parfait pour qu'il plaise à chaque employeur et dans tous les formats possibles... gif Malgré ça, je n'ai pu garder aucun emploi : dépôt de bilan du patron, contrats de travail bidons, harcèlement, fin de CDD, promesse de CDI jamais tenu, pas assez compétente, pas assez rapide, pas assez de budget dans l'entreprise... gif À chaque échec, j'élargissais mon champ de recherche pour m'éloigner de plus en plus de mes aspirations.

Sept ans de ce rythme et l'idée m'est venue que si je ne pouvais avoir un travail stable dans le salariat, alors pouvais-je créer mon propre emploi. C'est comme ça que j'ai créé une petite maison d'édition, dans le but d'éditer des auteurs et des artistes que j'aimais et que je considérais talentueux. Je n'étais pas assez préparée à l'aventure entrepreneuriale aussi ai-je déposé le bilan un an après. Malgré un dégoût qui me pousse alors à jurer ne jamais m'y faire prendre de nouveau, cette expérience fut très riche d'apprentissage.

En parallèle à toutes ces aventures, je crée deux associations, m'adonne au bénévolat et rencontre beaucoup de belles personnes. Le désir de donner et de partager mes richesses intérieurs, de rendre accessible la culture, la littérature, le beau et le bon me suivent à chaque instant de mon parcours.

Les 5 ans qui suivent font place à une reconversion : n'ayant aucune qualification professionnelle, je suis trois formations professionnelles en informatique dont une Licence (Licence pro, hein ! faut pas pousser gif ) avec leur stage respectif, participe à quelques missions dans le métier et essuie beaucoup de désillusions. Le constat s'alourdit : 15 déménagements depuis 13 ans que je suis sur le marché de l'emploi, une trentaine de contrats de travail sans suite, de nombreuses dépressions suite aux échecs professionnels, une santé physique et psychologique qui s'amenuise. L'impossibilité évidente de trouver un travail stable me décide à tenter une dernière fois ma chance. Mes prétentions ne sont plus d'avoir assez de temps pour mes projets, ni d'avoir un emploi proche de mes aspirations ou de ma reconversion, ni même un emploi qui me plaise : juste trouver du travail. Mes projets artistiques, je les avais mis encore de côté en pensant qu'une fois installée avec un vrai boulot, j'aurai l'avantage de la stabilité pour m'organiser des plages horaires dédiés à mes projets gif

Je ne connaissais pas le métier, je savais juste qu'il était aux antipodes de mes aspirations. Concours, tests et examens, formations intensives, travail décalé 2x8h puis 3x8h en stress permanent furent mon lot pendant les trois premières années. Le travail en horaire décalé ne me convenait pas et ma santé déjà fragilisée en pâtissait. Très vite hypersomniaque dépressive, je suis passée quelques années après insomniaque gif asthénique. En poste, la relation que j'avais avec mes collègues sapait toute confiance en moi au point d'appréhender chaque action que je faisais : j'ai naturellement arrêté de sourire. J'allais au boulot la peur au ventre et une boule dans la gorge.

Trente ans comme ça ? gif

Et il y eut le déclic : ce fut le burn-out.


IV - LA RENAISSANCE


Je peux affirmer que mes projets artistiques m'ont sauvé la vie. Grâce à eux, je me suis détournée de la fenêtre du dixième étage de mon appartement, qui me semblait alors fort attirante.

Mes aspirations qui s’étaient faites oublier quelques 4 années, sont venues se rappeler à mon bon souvenir. Je me suis promis alors de consacrer ma vie à mes projets. Ce fut une renaissance. Ma voie, mon chemin de vie, mes projets artistiques, ma passion dévorante que j'avais tu depuis tant d'années m'étouffaient à présent.

À 35 ans, j'avais passé 16 années à m'occuper en gesticulant dans la société ; j'étais toujours célibataire, sans enfants, isolée à plus de 300 km de ceux que j'aimais, sans relations sociales, à faire un travail alimentaire qui avait perdu tout son sens et qui me tuait littéralement. Il m'aura fallut plonger assez profond pour faire ré-apparaître devant moi mon chemin de vie, la lumière de mon existence et me rendre compte que je nageais à contre-courant depuis bien trop longtemps (vous savez, le Styx gif ).

Quelques jours après, mon médecin m'a fait un arrêt maladie longue durée au vu de mon état et le lendemain, une fois le stresse du travail retombée, je n'arrivais plus à me mettre debout. J'ai passé le premier mois avec une tension en dessous de 7. Au bout de trois mois, ma tension est remontée à un peu plus de 8, ce qui était plus confortable. Je pouvais faire de courtes sorties à condition de me reposer sur un banc toutes les 5/10 minutes. Ma santé en avait pris un sacré coup gif

Mon arrêt maladie m'aura permis de beaucoup réfléchir. Mes premières pensées furent pour ma future vie gif J'avais compris que cette société formatait des individus uniques et riches de leur diversité en un même moule uniforme. J'avais vu tant de personnes en souffrance de s'être soumis, comme moi, à des formatages uniformes sans les remettre en question. Aussi ai-je pensé que pour casser ces formatages sociaux aliénants, le plus efficace serait de formater dans le bon sens cette fois, les enfants à l'âge le plus tendre, avant qu'ils n'aient été formatés uniformément par la société. J'ai ainsi commencé à écrire des contes à fortes valeurs morales et retraçant différents schémas de pensées. Mon espoir : si les enfants ont lu au moins une fois un conte permettant d'éviter un certain piège, alors au cours de leur vie, ils sauront retrouver cette ressource intérieure pour éviter ce même piège. Si mes contes permettaient à quelques-uns de trouver la sortie de leur labyrinthe intérieur, alors j'en serai pour une part satisfaite gif

Ma période de maladie aura durée en tout un an. L'entreprise qui m'employait s'est détachée de moi et je me suis inscrite au chômage. Du fait de mes nombreuses expériences salariées et surtout de la dernière, j'ai développé une intolérance au salariat, au lien de subordination. J'ai d'ailleurs aussi développé une intolérance à la soumission en général. Le moindre geste ou mot, la moindre tentative de soumission sur moi me fait sortir toutes griffes dehors. C'est la plupart du temps spontané et quelquefois, inapproprié gif (je travaille dessus !). Quoi qu'il en soit, plus besoin de salariat puisque je compte suivre ma voie qui trouve naturellement sa meilleure forme dans le caractère autonome et indépendant de l'entrepreneuriat. Plus jamais que j'avais dit ? Ha ! Ne jamais dire jamais gif


V - À PRÉSENT


Me voilà un peu plus de deux ans après mon licenciement, en février 2021. Depuis, il y eut ma prise en charge par Pôle emploi pour une durée de deux ans pendant lesquels j'ai suivi une formation de création d'entreprise, œuvré à ma création d'activité tout en travaillant en parallèle sur mon premier livre de conte pour le lancer lors de ma création d'activité gif

Comme prévu, j'ai créé mon activité en janvier 2021 et le premier livre de conte ne derait pas tarder à venir. Je pense pouvoir en réaliser un par an.

Quant à l'avenir... que du bonheur. Je ne pouvais pas tomber plus bas dans mon précédent travail ? Et bien je ne crois pas qu'on puisse aller plus haut que là où je suis. Du fond du gouffre où j'étais, j'ai pris un envol phénoménal. Enfin, je vais pouvoir consacrer ma vie à perfectionner mes pratiques du dessin, du manga et d'écriture afin d'atteindre le trait parfait, l'histoire parfaite et transmettre mes messages. Je vouerais ma vie et mon corps à cet absolu, tel un énorme outils capable à force de travail à une maîtrise parfaite gif

Telle est mon ambition. Merci de m'avoir lue gif

Farah DOUIBI - Février 2021